Journal de l'économie

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Que nous réserve le millésime 2020 ?





Le 29 Décembre 2019, par Sébastien BUREL, expert en vin

On n’ose plus dire qu’on joue les « madame Soleil » tant la menace du réchauffement climatique est présente. C’est donc une lapalissade de prédire que la prochaine année, la prochaine décennie même, s’inscriront sous les rayons dardants de notre astre, dans une atmosphère toujours plus chaude et toujours plus carbonnée. Pourtant les nuages s’amoncèlent à l’horizon du vin français.


Une situation géopolitique compliquée
 
Du 30 mars au 2 avril 2020, se tiendra comme tous les ans la semaine des primeurs de Bordeaux qui décide du sort commercial des grands crus girondins. Et dans l’économie de la filière, on a coutume de penser que « quand Bordeaux va, tout va… »
En cas de Brexit dur, il est à craindre que le Royaume-Uni, deuxième importateur mondial de vin (3,5 milliards d’euros en 2018 [1]) diminuera significativement ses commandes à destination des producteurs européens et donc de Bordeaux (qui y a écoulé 24 millions de bouteilles en 2018 [2].

Autre menace de poids sur les vins français et sur bordeaux en particulier, la volatilité de la situation à Hong Kong. Les exemptions de taxe en ont fait le port d’entrée principal pour les vins français à destination toute de la Chine. La consommation sur place est déjà durement impactée par la diminution du tourisme. En cas de conflit long, la mise en place d’éventuels circuits alternatifs à destination de la Chine continentale sera forcément laborieuse et aura des conséquences négatives sur les volumes importés.

Enfin, à l’Ouest, rien de bon à venir… En effet, l’Administration américaine prélève depuis novembre une taxe de 25% sur les importations de certains vins tranquilles européens, et dont les effets commencent à se faire sentir sur les exportations nationales. Le 2 décembre dernier, le président américain Donald Trump menaçait à nouveau de s’en prendre spécifiquement aux vins mousseux français (et aux sacs à main), en représailles à la taxe GAFA adoptée unilatéralement par la France. Cette fois-ci, le taux de prélèvement s’élèverait à 100% ! Cela risque de porter un sacré coup aux Champenois pour qui les USA demeurent de loin le premier marché export (577 millions d’euros en 2018 [3]).
 
Un verre à moitié plein
 
En 2020, la consommation globale de vin continuera de baisser en volume. Toutefois, il y a quand même quelques raisons de se réjouir pour les vignerons français, surtout ceux de plus en plus nombreux qui font le pari du bio. Les consommateurs français, mais aussi ceux des marchés du vin les plus matures (UK, Europe, USA) achèteront et boiront de plus en plus de vins bio (voir ici), quitte à payer un prix supérieur d’environ 10% par bouteille. La lente et continue prémiumisation de la consommation passe donc désormais par le bio, et par une prise de conscience accrue de l’impact environnemental par les acheteurs. Les bouteilles se feront plus légères, les packaging alternatifs et plus durables devraient continuer à progresser.
 
Finalement, on devrait donc trinquer au passage de la nouvelle année et échapper à la gueule de bois… 

Un espoir de taille pour les vins doux naturels
 
 
[1] Source OIV
[2] Source CIVB
[3] Source CIVC


Vitis













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