Journal de l'économie

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Portrait d'Artiste : Entretien avec Marrio Ferretti





Le 27 Avril 2021, par Bertrand Coty

Marrio Ferretti installe son atelier à Soignies. À partir d’une branche coupée, comme un apprenti archéologue, il reconstruit un objet avec de la colle, des vis, des clous… Les sculptures de Marrio Ferretti font appel à des souvenirs enfouis au plus profond de sa cabane d’enfance, faite de bric et de broc.


Mathilde Nardone - Antonio Nardone - Marrio Ferretti
Mathilde Nardone - Antonio Nardone - Marrio Ferretti
Quels sont vos ancrages ?

Je ne viens pas du monde artistique. Ma famille vivait à la campagne, loin de l’agitation et des musées. J’ai passé ma jeunesse à l’extérieur, à jouer dans les bois, à faire du vélo, à construire moi-même mes jouets. J’ai eu une enfance insouciante. Souvent, j’allais me réfugier dans les arbres ou dans des trous que je creusais pour m’y cacher ! Je m’y sentais à l’abri, en dehors de tout, loin du monde. Dans le pré derrière ma maison, je me souviens qu’il y avait des arbres gigantesques, brisés par le temps et dans lesquels je pouvais me faufiler. Je me réfugiais au creux de leur écorce et me retrouvais au cœur de leur époustouflante structure.
 
 

Point de contact
Point de contact
Comment s’est révélé votre lien à l’art ?
 
J’ai toujours aimé dessiner. Quand j’étais enfant, je passais le plus clair de mon temps à construire des choses. Mes parents m’ont toujours dit « mais quel artiste, quel artiste ! ». Le reste s’est fait tout seul. Dans ma tête, artiste, ce n’était pas un métier ! Moi, je voulais être archéologue ou, comme tous les gosses de mon âge, mécanicien.
 
Quel est le rôle de l’artiste selon vous ? 

C’est compliqué. Ce n’est pas ma mission de donner un rôle à l’artiste ! C’est le spectateur qui définit ce rôle. On est d’abord artiste pour soi, bien que je pense que chacun a besoin de quelque chose qu’il va chercher chez l’artiste.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Quand j’étais étudiant, je travaillais principalement la pierre. En 2000, je suis passé non pas au bois, mais littéralement à l’arbre ! Je devais couper un arbre de la plaine derrière chez moi, alors je l’ai d’abord coupé en deux, puis en quatre, puis en mille. Bien entendu, c’était surtout pour essayer ma nouvelle machine ! Finalement, j’ai disséqué ce géant comme on le ferait avec un corps humain. On parlait beaucoup, à ce moment-là, de cette histoire de traçabilité avec la vache folle, j’ai donc réalisé des plans, des croquis, des mesures. Cette pièce a été révélatrice.

Quand j’étais gosse, je démontais tout. Les vélos, les réveille-matin, tout ce qui était démontable y est passé ! Avec cette pièce, j’ai retrouvé la curiosité piquante qui me poussait à l’époque à éventrer tout ce qui me passait entre les mains. Juste pour voir ce qu’il y avait dedans.

Mes sculptures sont le résultat d’une démarche logique de création. Chaque pièce dépend de la précédente et nourrit l’inspiration et l’envie de créer la suivante.
 

Détail de l'oeuvre
Détail de l'oeuvre
Pouvez-vous nous décrire votre atelier ?  

Il ressemble plus à un magasin d’outillage qu’à un atelier ! J’adore les rangements et les outils. Il est primordial de ne jamais manquer d’un ustensile lorsque je façonne une pièce.
 
Il y a toujours eu un coin cuisine. J’aime recevoir au sein de l’atelier. Je prépare des plats simples avec de bons produits. J’aime la cuisine italienne, mais je m’essaie aussi à la réalisation de spécialités belges !
 
Il faut qu’il y ait de la musique. Je me fiche pas mal de choisir un style musical en particulier, mais j’ai besoin de bruit, d’une présence. Je n’aime pas le silence. Chez mes parents, la télé était toujours allumée. La radio, c’est la surprise ! Même le brouhaha d’une conversation m’enchante. Je passe du bruit au son, puis vient l’apaisement, l’inspiration et enfin la création. Donc, mon premier geste, lorsque je pousse la porte de l’atelier, c’est d’allumer la radio.


Quelles sont les dernières et principales expositions où vous avez présenté vos œuvres ?
 
- Je suis défendu par la Galerie Nardone. Actuellement, certaines de mes pièces sont visibles dans son espace à Bruxelles.
Galerie Nardone
29, Rue Saint Georges - 1050 Bruxelles
Exposition visible du 30 avril au 29 mai 2021.
 
- Je participe également à l’exposition « Cadavres Exquis » qui emmène mon travail à Venise cet été.
Chiesetta della Misericordia
Campo de l’Abazia 3550 - Venezia
Cannaregio – Linea 1 « Ca’ d’Oro »

Vernissage 24 Juin 2021
Exposition visible jusqu’au 16 juillet 2021

Instagram : @ferrettimario77
 


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