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Bruno Le Maire ne veut pas de la cryptomonnaie de Facebook "sur le sol européen"





Le 12 Septembre 2019, par Paul Malo

Pour le ministre français des Finances, Libra, la cryptomonnaie imaginée par Facebook, menace "la souveraineté monétaire des États".


Blanchiment et financement du terrorisme

Bruno Le Maire l’a affirmé solennellement le 12 septembre, lors de l’ouverture d’une conférence de l’OCDE consacrée aux défis des cryptomonnaies : la France refuse d’autoriser le développement "sur le sol européen" de Libra, la cryptomonnaie que Facebook compte lancer en 2020. À ses yeux, c’est ni plus ni moins que "la souveraineté monétaire des États" qui est en jeu.

Il y voit également un fort risque de voir cette cryptomonnaie utilisée et détournée afin de financer le terrorisme en toute opacité. "Je ne vois pas pourquoi nous portons autant d'attention depuis des années à éviter toute utilisation d'une monnaie pour le blanchiment et pour la lutte contre le financement du terrorisme et qu'une monnaie digitale comme Libra échapperait à ces obligations", a-t-il ainsi déclaré.

Les moyens de la souveraineté d’un État

Pour Bruno Le Maire, "toute défaillance dans le fonctionnement de cette monnaie, dans la gestion de ses réserves, pourrait créer des désordres financiers considérables." Il a également souligné le danger de "privatisation éventuelle d’une monnaie détenue par un seul acteur qui a plus de deux milliards d’utilisateurs sur la planète." Au-delà des risques de décrochage, le risque est par ailleurs fort que cette Libra se substitue partiellement voire entièrement aux monnaies nationales qui seraient trop faibles pour lui résister.

Début septembre, face à l’annonce du lancement de la Libra, Bruno Le Maire avait déjà évoqué l’idée de la création d’une cryptomonnaie, d’une monnaie numérique publique. Il proposait alors d'engager une "réflexion" sur une cryptomonnaie publique "émise par les banques centrales qui garantirait la sécurité totale des transactions, leur rapidité, leur simplicité et leur gratuité". Déjà alors, il affirmait que "la France refuse qu’une entreprise privée se dote des moyens de la souveraineté d’un État".




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