Journal de l'économie

Envoyer à un ami
Version imprimable

Art et économie, l’exemple britannique au 19e siècle : l'Age d’or de la peinture anglaise





Le 7 Octobre 2019, par Christine de Langle

Paris, Musée du Luxembourg, du 11 septembre 2019 au 16 février 2020


Francis Cotes, Paul Sandby
Francis Cotes, Paul Sandby
L’identité britannique

La Grande-Bretagne est une île et le Royaume n’est plus très Uni. Comment en est-on arrivé là ? Vu de France, le britannique reste un irritant et délicieux mystère. Si nous voulons l’approcher, empruntons les voies de l’art ou de la littérature, avec la lecture de Middle England, le récent roman de Jonathan Coe ou la visite de l’exposition du musée du Luxembourg qui présente un moment phare de la peinture britannique. Le long règne de Georges III (1760-1820) voit l’affirmation du pays sur la scène internationale à la suite de la Guerre de Sept Ans, la transformation de la société avec la montée du capitalisme industriel et l’avènement d’une nouvelle bourgeoisie, enfin, l’essor des arts qui se dotent d’un enseignement officiel avec la Royal Academy.
 
L’art de la conversation

Si les artistes français privilégient la peinture d’histoire, les peintres britanniques déploient leur talent dans le portrait. Reynolds ennoblit ses personnages de références historiques et intellectuelles tandis que Gainsborough insuffle à ses modèles l’instantané de la vie. La rapidité du développement économique de Londres, Bath ou Liverpool, les nombreuses expositions publiques et l’essor du marché de l’estampe permettent à de nouveaux portraitistes, Hoppner ou Beechey, de se faire connaître et créent un marché très concurrentiel. Apparaissent les « conversation pieces », ces petits portraits de groupes dans un paysage avec une nouvelle mise en scène qui délaisse la position sociale au profit des relations personnelles. Enfin, Thomas Lawrence, par son sens de la mise en scène et son travail sur la couleur, porte le nouveau mouvement romantique.
 
Le spectacle de la Nature

Les guerres révolutionnaires puis napoléoniennes limitent l’accès au continent et aux modèles de l’art classique. Le paysage jusque là relégué en fond de tableau prend une nouvel importance et contribue à définir l’identité britannique. Une nouvelle compréhension de la nature incite les artistes à sillonner la campagne et « croquer sur le motif » devient un principe essentiel pour toute une génération de peintres qui considère que la beauté repose sur la variété, le mouvement et l’irrégularité. L’essor de l’aquarelle exprime cette liberté. Une nouvelle société de consommation est avide de petits tableaux à sujet simples et directement compréhensibles, paysages ou scènes de la vie rurale.
 
Art et économie

Le succès de la révolution industrielle anglaise explique la rapidité du développement économique et urbain et ouvre un marché important pour les portraitistes. A Londres, Bath ou Liverpool, c’est une nouvelle société capitalisme qui veut fixer les traits de sa réussite. Art et économie triomphent ensemble pendant le long règne de Georges III (1760-1820). Géricault en bénéficiera à son arrivée à Londres en 1820. Le Radeau de la Méduse, présenté en exposition payante, pratique inédite en France, lui rapporte plus que son achat par le gouvernement français comme il l’espérait. Pragmatisme et indépendance financière contre aide de l’Etat, l’art est un marché. Nos voisins britanniques l’avaient compris depuis longtemps.
 
 

Christine de Langle


France | International | Entreprises | Management | Lifestyle | Blogs de la rédaction | Divers | Native Advertising | Juris | Art & Marché | Billets d'humeur | Industrie immobilière | Intelligence et sécurité économique - "Les carnets de Vauban"



Les entretiens du JDE

OPA du fonds Searchlight sur Latécoère : un nouveau scandale Alstom ?

Frédérique Picard :"j’ai décidé de répertorier les leviers spécifiques qui permettent aux femmes d’oser"

Jean-Louis Scaringella, les taux d’intérêt négatifs ou : « l’euthanasie des rentiers »

La Saga des Audacieux

Pouquoi les ambitions protectionnistes chinoises et américaines frappent la France et l'Europe

Frédéric Verdavaine (Nexity) : « Nous sommes au croisement de nombreux enjeux de société structurants pour l’avenir »

​« L’Etat ne peut pas se transformer en « père fouettard » et réguler avec des mesures très restrictives les acteurs innovants de l’économie collaborative »

"Les collectivités territoriales sont nos partenaires privilégiés." Carmen Munoz, Directrice Générale de Citelum












Rss
Twitter
Facebook