Journal de l'économie

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Le goût du risque





Le 20 Décembre 2023, par Christine de Langle

« Un éloge de la vie, libre et intense, joyeuse et engagée ». Ni essai, ni pamphlet, cette récente parution des éditions Grasset est une profession de foi audacieuse face au drame d’une société qui ne sait plus prendre de risque. Comment croire encore à la valeur du risque dans un environnement sculpté par le principe de précaution et assombri par une actualité anxiogène ? Loin d’être un abc de développement personnel, les trois auteurs offrent au lecteur, en quinze chapitres courts et toniques, un choc salutaire.


Loïc Finaz, Patrice Franceschi, Andrea Marcolongo © JF PAGA
Loïc Finaz, Patrice Franceschi, Andrea Marcolongo © JF PAGA
Les titres sonnent comme une charge de cavalerie légère ou plutôt comme une houle qui déferle, puisque les trois plumes sont écrivains de la Marine. Jugez plutôt.
Le plus beau des risques : la liberté. La mort n’est pas à craindre. Danser après l’échec. Cet abus des normes qui nous tue. Mort au principe de précaution. Oser croire. Le risque de l’inutile. De courage, encore du courage, toujours du courage. La crainte du risque est une maladie.

Plume et ancre de marine

Andrea Marcolongo, helléniste (La Langue géniale, neuf bonnes raisons d’aimer le grec), Patrice Franceschi, aviateur et marin (Première personne du singulier), Loïc Finaz, amiral, ancien directeur de l’École de guerre (La Liberté du commandement), fidèle à l’esprit du fondateur des Écrivains de la Marine, 2003 Jean-François Deniau, incarnent ce « groupe de combat » au service de la vocation maritime de la France, des mers et des océans. Sur l’uniforme des écrivains de marine brillent l’ancre de marine et la plume. Vingt « immortels » (vingt-deux, grâce à la présence de l’Italienne Andrea Marcolongo et de l’espagnol Arthur Perez-Reverte) sont choisis avec l’agrément du chef d’état-major de la Marine pour servir la Marine et préserver la culture et l’héritage de la mer. Et s’il y a un univers où le risque est omniprésent, c’est bien le monde de la mer.

Comment peut-on écrire à trois ?

Les écrivains de la Marine sont une compagnie de personnalités amoureuses de la mer. Les amitiés sont sincères et la pratique de l’estime mutuelle fréquente. C’est le cas de nos trois auteurs ravis d’unir leur enthousiasme et leurs réflexions. Cette écriture commune a même renforcé leur amitié.

Lors de la première réunion de travail, quinze thèmes s’imposent d’emblée qui déterminent autant de chapitres. Dans un esprit équitable, chaque auteur écrit cinq chapitres. L’écriture fut rapide, chacun soumettant aux deux autres le fruit de son travail. La répartition s’est faite très vite, chacun choisissant ce qui lui convient le mieux et parfois l’intimité amicale aide à l’attribution, « celui-là, il est pour toi ». Le dernier chapitre « La crainte du risque est une maladie » est une synthèse des thèmes abordés.

L’auteur évoque la peur du risque et ses conséquences décrites par les chapitres précédents. Chaque chapitre illustre un symptôme. La crainte du risque est bel et bien une maladie, dangereuse et hautement contagieuse.

Chacun selon ses compétences et son envie a pris le risque à bras le corps et si le lecteur est familier de nos auteurs, il reconnaîtra ça et là au gré des pages leur univers littéraire, Andréa Marcolongo, dont c’est le premier livre écrit en français, a choisi de se dévoiler dans un chapitre consacré à sa découverte du féminisme en terre italienne.

Le plus beau des risques ?

Le risque n’est pas étranger au thème du voyage. Et c’est à Venise qu’on retrouve Loïc Finaz invité avec trois autres écrivains de la Marine par la fondation dell’ Albero d’Oro qui fait revivre le palazzo Vendramin Grimani par des évènements culturels et artistiques. La première édition des « Conversations littéraires » célèbre les écrivains voyageurs, en clôture de l’exposition consacrée à « Niccolo Manucci, le Marco Polo indien ». Pendant trois jours, c’est l’occasion pour les auteurs et leur public d’échanger sur le voyage et l’écriture qu’il suscite.

À la question de savoir quel est le plus beau des risques, Andrea Marcolongo répond par son absence, pour cause de nouvelle naissance. Donner la vie, quel plus beau risque ! Pour Loïc Finaz, vivre est un risque magnifique à tenter tous les jours et il y ajoute un autre risque indissociable, aimer.

À qui s’adresse ce livre ?

À tous. Aux jeunes générations. À tous ceux qui veulent vivre leur vie. C’est un livre de transmission. Les réactions très positives prouvent que le livre tombe au bon moment.
Loin d’être une étude exhaustive, c’est une prise de position, un coup de sabre ou plutôt une charge, un cri, sur le sujet. Chacun des auteurs s’est lancé dans cette écriture énergique et joyeuse, nourri de son expérience et de sa capacité à aborder, affronter, et assimiler l’évènement extérieur, ce risque qui n’est pas une maladie. À chacun d’en tirer les conséquences. À chacun d’écrire son propre éloge du risque.

Christine de Langle

 

éditeur Grasset
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