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Léonard de Vinci, « un génie à la pointe »





Le 7 Janvier 2020, par Christine de Langle

Toute l’année 2019, la France a célébré par de nombreuses manifestations le 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci. Pour clore en beauté cette année d’hommages, Brest a accueilli début décembre la fine fleur des spécialistes de Léonard de Vinci pour un colloque international intitulé « Le Corps… à la croisée des Sciences et de l’Art ».


La transdisciplinarité est à l’origine de l’idée même du colloque et de l’exposition qui suivra en 2022. A l’invitation du Centre Hospitalier Régional et Universitaire de Brest, du Centre François Viète d’Epistémologie et d’Histoire des Sciences et des Techniques de Nantes et du Centre d’Etudes Supérieures de la Renaissance de Tours, anatomistes, chirurgiens, historiens, historiens des sciences et de l’art, ingénieurs se sont succédés pendant deux jours dans la cité du Ponant, à la pointe du Finistère.

Ce colloque a favorisé de beaux échanges interdisciplinaires qui n’étaient pas sans rappeler la culture des ateliers florentins, creuset de la pensée de Léonard !
L’initiative en revient à Dominique Le Nen, Professeur des Universités, chirurgien au CHRU de Brest, spécialiste de la main. Depuis longtemps passionné par les dessins anatomiques de Léonard, il a publié de nombreux ouvrages qui analysent les intuitions du maître de la Renaissance à la lumière de l’imagerie médicale la plus pointue. Parmi ses récentes publications, « Léonard de Vinci, l’aventure anatomique » présenté au Louvre à l’occasion de l’exposition Léonard de Vinci (jusqu’au 24 février 2020) et « Le Fabuleux destin de la main » qui pose la question de la main, « l’instrument des instrument » selon Aristote, à l’époque du digital.

Homme passionné et passionnant, toujours prêt à partager ses connaissances et son expérience, il passe du scalpel à l’ordinateur pour toujours tenter de comprendre, de réparer et de transmettre. François Saint Bris, président du Clos-Lucé, dernière demeure de Léonard, avait répondu à son invitation ainsi que l’historien Pascal Brioist, un des plus éminents spécialistes léonardiens.

Créer, valoriser des passerelles entre la Renaissance et l’époque contemporaine, entre sciences et arts, autour de la connaissance et de la représentation du corps était l’objectif essentiel de ce colloque. Des communications savantes et vivantes ont rencontré un vif intérêt auprès d’un public de scientifiques, d’étudiants et d’amateurs curieux. Les intervenants français, italiens, allemands ou britanniques ont partagé avec passion le fruit de leurs recherches : Léonard est-il le père de la bionique ? A-t-il initié par sa parfaite connaissance de la nature et ses talents d’ingénieur l’homme augmenté d’aujourd’hui et ses prothèses les plus sophistiquées ? Comment représenter le corps, ce chef d’œuvre ? Car chez Léonard, art et science sont étroitement liés.

Le dessin permet de suivre la mise en forme de sa pensée et de ses intuitions, notamment les dessins anatomiques qui décrivent avec précision le résultat des dissections pratiquées. La science de la peinture se révèle dans toute sa splendeur avec La Cène de Milan. Tous ceux qui ont vu ce chef d’œuvre sont frappés par la force de l’image et le réalisme des attitudes, résultat d’une connaissance parfaite de l’anatomie et du lien entre le mouvement physique et l’attitude psychologique au moment où Jésus annonce « l’un d’entre vous me livrera ». L’imagerie 3D fait apparaître pour la première fois toute la richesse psychologique et la complexité spirituelle de chaque personnage étudié à partir de son squelette. Une étude originale pour comprendre l’approche biomécanique de l’œuvre de Léonard.

Le colloque aura été un merveilleux préambule à l’exposition de 2022. Il s’agira de retourner sur les traces de Léonard au 16e siècle pour le resituer par la technologie moderne dans le monde du 21e siècle ; d’établir un pont entre le siècle de Léonard et le nôtre autour de ses recherches anatomiques, en s’aidant de notre technologie pour franchir cette « distance » ; en définitive, d’associer le passé, époque de Léonard avec planches et dessins, et le présent comme le futur avec maquettes, imagerie (scanner, IRM…) animations, réalités virtuelle et augmentée, vidéo et 3D, arts contemporains. « A ma connaissance, précise le professeur Le Nen, jamais une telle exposition sur Léonard de Vinci et l’anatomie, au travers des sciences et de l’art, n’a été proposée. Il s’agira d’une première… mondiale. »
 
Favoriser la transversalité d’enseignement et de recherche dans le domaine des sciences (anatomie, biomécanique) et de l’art, en lien avec les travaux de Léonard de Vinci et stimuler les échanges entre étudiants au-delà des frontières des spécialités, voilà une belle ambition qui rappelle l’enseignement des humanités cher à la Renaissance.

La Bretagne, depuis toujours terre d’innovation, reste « à la pointe » avec Brest et ses centres de recherche tels que le Laboratoire de Traitement d’Information Médicale (LATIM), le Centre Européen de Réalité Virtuel (CERV) ou l’Ecole Européenne Supérieure d’Art de Bretagne.
Et pour tout savoir de cette merveilleuse aventure, consultez le site https://events-ldv.com

Christine de Langle
 


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