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Loïc Bonisoli : "Bach, l’homme de Leipzig"





Le 5 Janvier 2024, par Christine de Langle

Bach, l’homme de Leipzig de Loïc Bonisoli vient de paraître aux éditions Salvator. Encore un livre sur Bach ? La couverture affirme l’originalité du parti pris.


Le sous-titre, tout d’abord, Un portrait spirituel, dévoile autant l’auteur, prêtre du diocèse de Metz, que le musicien surnommé par certains « le cinquième évangéliste ». Puis, l’illustration de couverture, un jeune Bach de trente ans qui se substitue avec bonheur au portrait plus connu du musée de Leipzig, un Bach d’une soixantaine d’années, à l’air austère, qui ne peut composer qu’une musique grandiose et ennuyeuse, pensent certains. Visiblement, l’auteur entend secouer les idées reçues.

Guide touristique, précis musical et biographie

1723, Bach arrive à Leipzig pour exercer la fonction recherchée de cantor, c’est-à-dire responsable de la musique d’une paroisse protestante, Saint Thomas de Leipzig. Pour commémorer les trois cents ans de cet évènement, Loïc Bonisoli nous offre un merveilleux vade-mecum à usage de tous ceux qui ont pu un jour être touchés par la musique du célèbre cantor. Organiste et passionné d’histoire de la musique, ce prêtre catholique aborde la vie et le travail de Bach en connaisseur tant sur le plan spirituel que musical.

Tout à la fois guide touristique, précis musical et biographie, c’est un livre dans lequel chaque lecteur trouvera son compte. Les grandes étapes de la vie du musicien, son caractère affirmé et ses relations parfois houleuses avec ses employeurs, sa pratique de la musique, son génie de la composition et ses innovations techniques, tout est décrit avec une grande clarté et une lumineuse pédagogie.

On y découvre un Johann Sebastian Bach (1685-1750) qui fait de la musique, en écrit, l’interprète, n’a guère la patience d’enseigner, se révèle bon vivant, travailleur infatigable, entouré d’une famille nombreuse. Deux épouses et vingt enfants, dont dix parviendront à l’âge adulte. Il perd sa première épouse et de nombreux enfants en bas âge. Comment vit-on la mort à l’époque de Bach ? De belles pages évoquent le luthérien convaincu, lecteur assidu de la Bible, qui vit chaque épreuve dans l’espérance divine, mais aussi le musicien qui doit composer la musique des funérailles de ses paroissiens.

La musique au service de la foi

Sait-on que Bach était un violoniste virtuose ? Il va aussi révolutionner la pratique du clavier par l’utilisation du pouce, ce qui était considéré comme inélégant, et obtenir ainsi une « exécution plus souple et plus ample ». Mais l’orgue reste son instrument de prédilection. Il compose beaucoup pour cet « instrument qui chante la gloire de Dieu et accompagne la prière des fidèles ». Jeune musicien, il n’hésite pas à faire trois cents kilomètres à pied pour rencontrer le célèbre organiste et compositeur Buxtehude à Lübeck et apprendre une nouvelle utilisation du pédalier de l’orgue devenu un véritable clavier.

C’est dans le culte luthérien que l’orgue se déploie et les compositions et improvisations nombreuses de Bach étaient recherchées. La première page du petit livre d’orgue (Orgelbüchlein) avoue son ambition avec cette annotation autographe « Au Tout-Puissant pour l’honorer, au prochain pour l’enseigner ».

Les Passions, dérivées des drames liturgiques du Moyen-âge, la Grande Messe en si qui occupe Bach pendant vingt ans et dont la partition est depuis 2015 classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, les cantates qui accompagnent le culte, autant d’occasions de « rendre service », d’être au service du culte divin.

Mais si la musique sacrée demeure première, elle n’empêche en rien la célébration de la vie profane et de ses joies. La Cantate du Café, véritable petit opéra, ou les compositions pour le Café Zimmermann, célèbre lieu de divertissement de Leipzig, permettent à Bach de composer des airs populaires dont les thèmes peuvent se retrouver dans des œuvres sacrées. Car profane et sacré s’entrelacent dans la vie.

Bach universel

Après sa mort en 1750, l’œuvre de Bach se poursuivit grâce à ses fils. Le XIXe siècle avec Mendelssohn révère le musicien d’église. Aujourd’hui, comment appréhender cette musique ? Avec ce petit livre plein d’heureuses surprises, Loïc Bonisoli entend partager son expérience. De fait, les dernières pages lues, l’envie est forte de partir visiter les lieux où le cantor a vécu, d’écouter ses œuvres les plus célèbres, d’en découvrir d’autres grâce à ces « pauses musicales » et ces écoutes guidées » proposées au lecteur.

Bach parle à chacun, c’est une musique qui « résiste » à toutes les situations humaines, heureuses ou malheureuses. Quel est son secret ? D’après Schumann, Bach « agit sur l’homme tout entier comme un tonique moral. (…) Tout est écrit pour l’éternité ».

Christine de Langle

Loïc Bonisoli Bach, l’homme de Leipzig. Un portrait spirituel Editions Salvator, 2023
Loïc Bonisoli Bach, l’homme de Leipzig. Un portrait spirituel Editions Salvator, 2023


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