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Natalie David-Weill : "L'Atelier d'écriture"





Le 5 Mai 2023, par Bertrand Coty interview

Titulaire d’un doctorat de littérature française de l’université de New York, Natalie David-Weill est l’autrice du remarqué Les mères juives ne meurent jamais (2011), traduit en plusieurs langues, et de Bon à rien (2018). Elle anime une émission littéraire sur Radio Judaïca et conduit un atelier d’écriture à Bruxelles.


Natalie, vous venez de publier chez Stock : « L’atelier d’écriture ». La vivacité de votre écriture et votre analyse littéraire forgent un très beau roman. Peut-on parler de mise en abyme pour ce livre ?

Je vous remercie d’avoir aimé mon « Atelier d’écriture » qui a en effet plusieurs dimensions. C’est à la fois un vrai roman puisque j’invente les personnages qui assistent à l’atelier ainsi que les textes qu’ils écrivent et mon atelier d’écriture proprement dit - qui se déroule en cinq séances - autour du thème de l’amitié avec des textes littéraires pour étayer ce propos : « Bouvard et Pécuchet » de Flaubert pour la rencontre, « Pour un oui ou pour un non » de Nathalie Sarraute sur le malentendu, « Les braises » de Sándor Márai autour de la vengeance, etc.

En cela, c’est une mise en abyme en effet. Il y a à la fois une description de l’atelier d’écriture et le récit de l’amitié entre Esther, mon héroïne, et Niki qu’elle va découvrir autrement à travers ses écrits. Enfin, à chaque fin de chapitre, il y a une fiche technique pour tout écrivain amateur : ce qu’il faut savoir sur les personnages, le narrateur, la structure, les dialogues…

Écrire la plupart du temps est une démarche de création solitaire. Comment se situe l’atelier d’écriture dans le processus d’écriture, est-ce toujours un préalable ?

On écrit toujours seul, même dans un atelier d’écriture. Celui-ci vous permet d’avancer, d’échanger et surtout de se sentir moins seul. Car lorsqu’on écrit, on fait face à des blocages, de réticences, des doutes qui peuvent vous freiner, voire vous paralyser.

Or le fait d’analyser des textes, de comparer différents styles – qu’ils soient littéraires ou moins aboutis –permet de se libérer de ses appréhensions. Mon roman est aussi sur l’impossibilité d’écrire, ce dont parlent aussi tant d’écrivains, de Flaubert à Yannick Haenel…

Votre roman est aussi un recueil de notes, de conseils très utiles aux candidats à l’écriture. Pourriez-vous y ajouter la démarche auprès des éditeurs ?

La démarche auprès des éditeurs est à mon sens à séparer de celle de l’écriture. L’on peut tout à fait écrire sans vouloir être publié. Nombre de journaux intimes attestent le besoin de se livrer par écrit que ce soit pour témoigner, pour comprendre ou pour se souvenir. Cela n’a pas de rapport avec le fait de « sortir » un livre, de le rendre public. Parfois, heureusement, cela se rejoint.

Ne devrait-on pas, pour chacune de nos rencontres, poser la question : « Aimez-vous lire? ».

Vous faites référence à Stéphane, l’animateur de l’atelier d’écriture, qui aime demander aux gens qu’il rencontre ce qu’ils lisent - plutôt que ce qu’ils font - pour les connaître. C’est comme de regarder la bibliothèque des gens chez qui l’on va, quand il y en a une, si révélatrice de leur goût et de leur personnalité.

Mais lire c’est aussi aimer les histoires que l’on raconte, cela peut passer par d’autres biais que l’écrit, je pense aux livres lus, mais aussi aux films, aux séries, au théâtre, à tout ce qui transporte ailleurs. Mon héroïne Esther préfère la fiction à la vraie vie, elle aime imaginer, recréer son quotidien, inventer.  Mais l’écriture va l’aider à apprivoiser le réel et se réconcilier avec elle-même.
 



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