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Fincantieri pourrait finalement ne pas acquérir les Chantiers de l'Atlantique





Le 31 Décembre 2020, par Olivier Sancerre

La saga de l'acquisition des Chantiers de l'Atlantique par Fincantieri n'est pas terminée. Ce dossier tout autant économique que politique pourrait tout simplement déboucher sur un échec : l'opération doit en effet être finalisée au 31 décembre au plus tard. On en est loin.


Finalisation prévue le 31 décembre

La Commission européenne est toujours en attente de documents de la part de Fincantieri pour boucler son enquête approfondie sur l'opération d'acquisition des Chantiers de l'Atlantique. Bruxelles cherche à déterminer de quelle manière la concurrence va être impactée par cette transaction qui doit être finalisée le 31 décembre. Or, le groupe italien estime avoir fait tout ce qu'il devait faire. « De notre côté, nous ne pouvons pas faire davantage », assure un porte-parole de l'entreprise à l'AFP. La Commission réitère pourtant qu'il manque toujours des informations…

Pour donner une chance à l'opération, le gouvernement français a accordé un délai d'un mois, jusqu'à fin janvier, afin que Fincantieri livre les fameuses informations indispensables. Les déclarations du groupe laissent pourtant entendre qu'il n'y a aucun documents supplémentaires à fournir… Au début du mois, le patron de Fincantieri, Giampero Massolo, expliquait que si Bruxelles ne donnait pas son aval d'ici le 31 décembre, la transaction pourrait tomber à l'eau, malgré les efforts de chacun pour parvenir à un compromis acceptable par toutes les parties.

50% + 1%

En 2017, Fincantieri a proposé de reprendre les Chantiers de l'Atlantique, dont l'activité était mise en péril par la faillite de la maison-mère coréenne. L'État français, actionnaire à hauteur de 84,3% du constructeur naval, voit l'opération d'un œil mauvais : Fincantieri travaille en effet avec le groupe chinois CSCC sur des navires de croisière. Or, Paris souhaite conserver en Europe l'expertise de la construction navale de paquebots de croisière, un secteur alors en pleine croissance. C'est pourquoi un compromis a été décidé : Fincantieri achète 50% du capital des Chantiers contre un chèque de 59,7 millions d'euros, l'État français « prêtant » 1% du capital, ce qui permet au propriétaire italien d'obtenir la majorité des parts.

Mais si Fincantieri ne devait pas respecter ses engagements, l'État français a la possibilité de « reprendre » son pourcent, et priver ainsi l'entreprise de sa mainmise sur les Chantiers. Si l'enjeu est tout autant économique que politique, l'emploi est également aux cœur des préoccupations. Les Chantiers emploient 3.100 personnes à Saint-Nazaire et fait travailler un écosystème de 5.000 sous-traitants.



Tags : Fincantieri

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