Journal de l'économie

Envoyer à un ami
Version imprimable

Frederic Buisson, délégué syndical Groupe adjoint CFE – CGC du groupe Casino : "Casino conserve un temps d’avance par rapport à la concurrence"





Le 9 Juillet 2019, par La Rédaction

Le 26 juin 2019, se tenait le comité de groupe de Casino, très attendu par les syndicats, dont la CFE-CGC, compte tenu de l’actualité du groupe et du déclenchement d’une procédure de sauvegarde pour la holding Rallye, maison-mère de Casino, fin mai. Frederic Buisson, délégué syndical Groupe adjoint CFE – CGC du groupe Casino a accepté de répondre à nos questions sur la teneur des échanges.


Vous avez participé au comité de groupe de Casino le 26 juin. Comment le contexte de la sauvegarde a-t-il influencé l’événement ?

La réunion de ce comité a été déclenchée suite de la demande de la CFE CGC, qui souhaitait des éclaircissements rapides sur les conséquences de la procédure de sauvegarde initiée par le président de Casino, Jean-Charles Naouri. Nous souhaitions avoir le maximum d’éléments pour répondre aux inquiétudes des salariés du groupe, dans un contexte de rumeurs et d’abondance d’informations en provenance de médias à la fiabilité parfois douteuse. Le Comité exécutif était présent autour de M. Naouri, qui a pu répondre à nos questions.

Quelles ont été les réponses de M. Naouri sur les points que vous avez soulevés ?

Concernant la procédure de sauvegarde, M. Naouri ne pouvait pas nous donner beaucoup d’éléments tangibles, compte tenu des négociations toujours en cours avec les administrateurs nommées par le tribunal de commerce. Mais celle-ci donne du temps au groupe Rallye pour travailler sur l’échelonnement de sa dette, tout en permettant au groupe Casino de se concentrer sur l’atteinte des objectifs stratégiques et sur la diminution de sa dette.

M. Naouri nous a répondu que le groupe Casino était fidèlement engagé dans la réalisation de ses objectifs opérationnels et financiers. Il a indiqué qu’en 4 ans, Casino a fortement amélioré son profil financier en France, notamment grâce à la progression de sa marge et de son chiffre d’affaires, tout en réduisant sa dette à 2,7 milliards d’euros fin 2018.

Il a évoqué ensuite les profondes mutations que connait la grande distribution, et les mesures prises par le groupe pour franchir l’obstacle. Celles-ci s’articulent autour de 3 axes.
  •           Accélération de la croissance sur les segments porteurs comme le bio, le but étant de devenir leader du bio en 2022 ;
  •           Amélioration de la rentabilité grâce à de nouvelles activités : GreenYellow (pour l’énergie), 3WRelevanC (base de données) et ScaleMax (supercalculateurs) pour n’en citer que trois ;
  •           Réduction de la dette du groupe Casino, via la cession d’actifs non stratégiques, en parallèle de la vente de R2C (Restauration collective casino) finalisée depuis le début de semaine.
 
D’autres cessions sont à l’ordre du jour ?


Historiquement, le groupe Casino a un maillage du territoire très important et dans des zones très stratégiques, à forte densité de population, notamment en région parisienne ou dans le Sud de la France. Le groupe Casino est en outre un groupe multi-enseignes avec des formats différents à des fins de segmentation de la clientèle.

M. Naouri a précisé que les cessions de murs de certains magasins se poursuivraient. La location des murs permet de gagner en agilité stratégique et en flexibilité opérationnelle : vous pouvez de la sorte modifier votre maillage territorial plus facilement à l’échelle nationale ou déménager un magasin au sein d’une ville pour se plier aux évolutions des habitudes de consommation. Nous restons par contre très attentifs aux conséquences pour l’emploi de ces évolutions de la « carte Casino » : pour les syndicats, il est hors de question de laisser se produire des "fermetures sèches", sans reprise des magasins. Il est primordial pour nous que les magasins soient cédés et non fermés pour que les salariés concernés conservent leur emploi et leur contrat de travail avec un nouvel employeur.

Il n’était pas dans les habitudes de Casino de diminuer le nombre de ses magasins jusque-là, mais certains formats comme les grands hypers de banlieues ne sont pas tous rentables selon les localisations. Nous aurions préféré conserver ces magasins dans le groupe. Mais s’il faut s’en séparer dans l’intérêt du groupe, alors nous mettons tout en œuvre auprès de la direction pour que cela se passe dans le cadre de cessions avec préservation de l’emploi. Il en va de notre responsabilité syndicale. 

La diversification du groupe constitue toujours un avantage ?

C’est même notre principal atout par rapport à nos concurrents, dont les difficultés sont connues et dont les solutions passent toujours par une réduction des coûts et, in fine, de la casse sociale. Notre diversification, notre recherche d’innovations permanente nous donnent les outils pour affronter sereinement les bouleversements en cours du secteur de la grande distribution. Le groupe Casino a par exemple très tôt misé sur le digital, bien avant ses concurrents qui paient aujourd’hui ce retard. Même si cela ne s’est pas fait sans heurt, la stratégie d’alliance entre le physique et le digital était en tout cas certainement le bon choix à faire, et Cdiscount est par exemple une entreprise fortement enviée par nos concurrents.

Le groupe Casino a clairement un coup d’avance sur ses concurrents. Et la CFE-CGC est consciente qu’un équilibre doit être trouvé entre les objectifs économiques et les impératifs sociaux, pour le développement et la pérennité du groupe. Et il est plus simple d’y parvenir dans le cadre d’un véritable dialogue social. Mais nous resterons attentifs sur le devenir des femmes et des hommes de Casino, car la richesse de notre groupe repose avant tout sur ces hommes et ces femmes. 





1.Posté par Anti boufon le 10/07/2019 00:13 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Comment une Organisation syndicale peut dire autant de conneries et soutenir le patron aussi ouvertement.
Pour infos le comité de groupe etait un comité ordinaire donc en aucun cas la Cgc est a l origine de quoique se soit.
Le meme délégué a signé un accord salaire avec une augmentation générale a 0,5%.
Pitoyable

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Le JDE promeut la liberté d'expression, dans le respect des personnes et des opinions. La rédaction du JDE se réserve le droit de supprimer, sans préavis, tout commentaire à caractère insultant, diffamatoire, péremptoire, ou commercial.

France | International | Entreprises | Management | Lifestyle | Blogs de la rédaction | Divers | Native Advertising | Juris | Art & Marché | Billets d'humeur | Industrie immobilière | Intelligence et sécurité économique - "Les carnets de Vauban"



Les entretiens du JDE

OPA du fonds Searchlight sur Latécoère : un nouveau scandale Alstom ?

Frédérique Picard :"j’ai décidé de répertorier les leviers spécifiques qui permettent aux femmes d’oser"

Jean-Louis Scaringella, les taux d’intérêt négatifs ou : « l’euthanasie des rentiers »

La Saga des Audacieux

Pouquoi les ambitions protectionnistes chinoises et américaines frappent la France et l'Europe

Frédéric Verdavaine (Nexity) : « Nous sommes au croisement de nombreux enjeux de société structurants pour l’avenir »

​« L’Etat ne peut pas se transformer en « père fouettard » et réguler avec des mesures très restrictives les acteurs innovants de l’économie collaborative »

"Les collectivités territoriales sont nos partenaires privilégiés." Carmen Munoz, Directrice Générale de Citelum












Rss
Twitter
Facebook