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Islamo…quelque chose…oui, mais quoi ?





Le 23 Février 2021, par Nicolas Lerègle

Peut-on parler d’islamogauchisme ? A priori cela hérisse le poil de nombreux hommes politiques de gauche. Pourrait-on parler, de nouveau, d’islamofascisme comme en son temps l’a fait Manuel Valls ? Certainement, mais assurément cela troublerait de nombreux politiciens de droite.


Islamo…quelque chose…oui, mais quoi ?
Quand on se penche sur l’Histoire on ne peut que constater que le gauchisme – dans son acceptation stalino-mao-léniniste n’a pas grand-chose à envier au fascisme regroupant ensemble, comme il y a 80 ans le fascisme et le nazisme. Dans les deux cas, nous avons des idéologies totalitaires ayant mis en place des systèmes concentrationnaires, qui pour certains subsistent encore, visant des populations ciblées tant pour leurs opinions politiques dissidentes que pour leur appartenance raciale ou religieuse. En somme rien de neuf sous le soleil. Ces deux qualificatifs, fascisme et gauchisme, recouvrent des réalités si proches qu’il serait dommage de vouloir les distinguer par de subtiles différences qui, admettons-le, ne sont pas perceptibles par ceux qui subissent les tourments de ces régimes totalitaires et antidémocratiques si peu soucieux des droits de l’Homme.

Mais que vient donc faire l’Islamo comme préfixe associé à ces deux qualificatifs idéologiques ?

Assurément loin d’être un élément atténuant la portée du gauchisme et du fascisme il est là pour le renforcer en lui donnant une couleur théologique visant à rendre l’ensemble encore plus redoutable pour nos sociétés.
Le gauchisme a un petit côté soixante-huitard légèrement baba cool qui ne semble pas aussi dangereux que les théories qu’il porte derrière lui. Or, le communisme dans sa version « au pouvoir » ne laisse que peu de place aux pensées étrangères à celle supposée dominante et juste, en vertu du principe léniniste qu’une minorité peut avoir raison contre la majorité. L’islamogauchisme passerait presque pour une variation politiquement acceptable d’une idéologie religieuse ayant des visées organisationnelles de notre société.

Le fascisme a moins de chance dans la dissimulation de ce qu’il est, il représente le camp des vaincus de la Seconde Guerre mondiale et ne peut donc prétendre à l’indulgence qui a entouré Staline ou Mao et leurs millions de morts « personnelles » hors de tout contexte lié à la guerre. Le fascisme et le nazisme sont ontologiquement le Mal. L’islamofascisme ne saurait donc être qu’une injure pointant le danger d’une pensée religieuse mise au service d’une idéologie néfaste visant à mettre en place une théocratie totalitaire.

Les premiers seraient de gentils Cathares ou Albigeois, les seconds d’excités Croisés qui, sous l’autorité de l’abbé Amaury avaient mis à sac Béziers avec le mot d’ordre « Tuez-les tous, Dieu reconnaitra les siens ». En 1209 cela passe, mais en 2021 mettre dans le même sac les islamo-gauchistes et les islamo-fascistes avec la même formule pourrait être tendancieux. Et pourtant Dieu serait certainement le plus à même de savoir, quelle porte (Enfer ou Paradis) doivent emprunter, ceux qui se présenteraient ainsi devant lui.

Ne nous y trompons pas, les deux qualifications sont toutes les deux mortifères pour les sociétés en général et la nôtre en particulier.

À des idéologies qui sont déjà totalitaires vient/viendrait se greffer une approche religieuse qui se targue d’être aussi un modèle de société et une source du droit. La boucle ainsi bouclée serait parfaite, couvrant autant les domaines « laïcs » de l’économie, de la culture, de l’enseignement ou de la science et tant d’autres, que les champs religieux, morale, philosophie, droit qui y seraient associés et viendraient donner une caution « divine » à l’ensemble.

Dénoncer l’islamogauchisme comme a cru bon de le faire la ministre Frédérique Vidal est tout sauf une erreur. Les politiques et universitaires qui appellent à la démission de la ministre devraient mieux réfléchir et la rejoindre au nom des valeurs qu’ils sont présupposés défendre, la liberté de penser, la liberté d’être et d’agir, d’enseigner et de transmettre, de critiquer et débattre et non se complaire dans une posture offusquée et soixante-huitarde qui masque la pertinence du propos ministériel et la faiblesse de leurs convictions.
On peut regretter que celui-ci n’ait été que réducteur en omettant la dimension islamo-fasciste du problème.

Ceci amène donc à se poser la question, quasi herméneutique, du préfixe islamo ou, de ce mot en s’interrogeant sur le suffixe qui pourrait lui être accolé.
Islamosolipsisme semblerait assez pertinent. Le solipsisme étant la théorie qui pose que la seule réalité qui existe pour le sujet est celle de soi-même, on conçoit assez rapidement que cela peut s’appliquer à une religion qui se voit comme la dernière et la plus parfaite expression du divin et qui, à ce titre, a élaboré tout un système de pensée centré sur elle-même.

Ce système englobe ses fidèles sans réelle possibilité, pour eux d’avoir un soi indépendant, et une liberté d’interprétation voire plus si on considère que seul l’arabe est considéré comme langue vernaculaire de cette religion.
On comprend aisément que les notions de fascisme ou de gauchisme que l’on pourrait lui accoler n’ont aucun sens, pas plus que des adjectifs comme extrémisme, radical ou modéré qui sont en parfaite contradiction ontologique avec l’Islam pris comme religion.

Absolutisme ou totalitarisme seraient aussi des termes convenables pour témoigner d’un projet politico-religieux hégémoniste et mondialiste qui, hélas, trouvera toujours si on y prend garde des affidés et zélotes guidés par leurs intérêts propres quitte à être en totale contradiction avec l’intérêt général des citoyens ou du pays. Ce n’est au demeurant pas propre à l’Islam, les ultra-orthodoxes juifs comme leurs homologues catholiques ou évangélistes ont des comportements de non-intégration dans leurs sociétés respectives qui peuvent laisser pour le moins dubitatif l’observateur extérieur.

Le solipsisme sonne moins bien, dans un premier temps, que le gauchisme ou le fascisme pour autant il est plus adapté à une idéologie apolitique ou niant le politique comme une liberté d’expression laissée aux individus pour définir leur choix de société. Dans « le meilleur des mondes », A. Huxley décrit une société où les comportements individuels ont été bannis au profit d’une intégration dans un corps social ne laissant, de fait, aux individus aucun libre arbitre si ce n’est celui de prendre, à longueur de journée, des petites pilules qui feront paraitre votre condition sociale comme normale et acceptable. Aux tentations individualistes, le solipsisme personnel étant vu comme une atteinte grave à l’ordre social, s’est substitué celui d’une entité régissant tout et faisant de son propre solipsisme la règle universelle. C’est un peu ce qui est proposé par l’Islam dans les pays où s’est implantée une théocratie de cette nature.

Trouver la bonne qualification n’est pas chose aisée, mais y arriver serait un premier pas pour une prise de conscience qui dépasserait des clivages politiques qui n’ont pas, ici, de raison d’être. L’ultra-islamisme n’est ni de droite ni de gauche, il est gauchiste et fasciste, et ne doit pas être toléré où qu’il se niche et ses soutiens actifs et passifs ne sont pas de doux intellectuels voltairiens, mais plutôt des mollassons prompts à une soumission maquillée de tolérance. Ultra-islamisme…tout est dit.
 



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