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L’action du MIT turc : de l’Europe jusqu’au… Cachemire indien





Le 24 Février 2021, par Constantin Pikramenos


Siège du MIT à Strasbourg
Siège du MIT à Strasbourg

Pays-Bas

Un rapport du coordinateur national pour la lutte contre le terrorisme et la sécurité (NCTV) aux Pays-Bas soutient que la manière d’Erdogan de promouvoir une certaine forme d’islamisme a alimenté des tendances radicales dans la diaspora turque qui vit dans le pays. Selon le rapport, les organisations salafistes sont favorisées par la manière dont Erdogan promeut une stratégie d’islamisation. L’allégation la plus grave du rapport concerne le lien entre la rhétorique anti-occidentale d’Erdogan et l’attaque d’un Turc de 37 ans, Gomen Tanis, dans un tramway à Utrecht le 18 mars 2019, qui a fait trois morts et sept blessés.
 
Le coordinateur national néerlandais pour la lutte contre le terrorisme et la sécurité (NCTV) estime que les objectifs d ’« islamisation » d’Erdoğan en Turquie sont en train d’être diffusés à la communauté turque des Pays-Bas par le biais d’associations turco-néerlandaises. Selon un document de 30 pages, les organisations salafistes turques entretiennent des « liens étroits » avec les organisations turques aux Pays-Bas, en particulier avec les organisations de jeunesse turco-néerlandaises. Ces groupes interagissent à leur tour avec des prédicateurs liés aux salafistes et interagissent sur les réseaux sociaux où ils glorifieraient les djihadistes tombés au combat et partageraient des messages anti-occidentaux et antisémites.
 
Dans une section du document intitulé « La stratégie d’islamisation d’Erdogan : comment les salafistes en bénéficient », il est dit que le président turc a fourni un espace aux salafistes en Turquie alors qu’il consolidait son pouvoir politique au fil du temps. Il met en évidence les relations de la Turquie avec certains groupes, dont Hayat Tahrir al-Sham (HTS) en Syrie, et allègue qu’Erdoğan a « donné un champ d’action » à d’autres mouvements islamistes militants, y compris le Great Eastern Islamic Raiders « Front (IBDA-C).

Cachemire

Selon la presse kurde syrienne « Muhammed Abu Amsha, le commandant de la milice “Les brigades du sultan Suleiman Shah” de l’Armée nationale syrienne (SNA) a annoncé aux membres de sa milice dans la ville occupée de Şiyê près d’Afrin que l’État turc voulait déplacer certaines unités au Cachemire »
L’Armée nationale syrienne (SNA) est également connue sous le nom d’Armée syrienne libre soutenue par la Turquie. C’est une coalition de groupes d’opposition syriens armés avec le soutien de l’État turc. Des sources rapportent qu’il y a eu une activité de recrutement similaire pour une opération au Cachemire à Azaz, Jarablus, Al Bab et Idlib. Les volontaires seraient alors secrètement emmenés hors du pays.
Ces mercenaires constituent un moyen efficace pour parvenir à fournir au président turc Recep Tayyip Erdogan une force militaire qui pourrait être abandonnée une fois son utilité achevée. À l’avenir, ces mercenaires permettront à la Turquie de continuer à se positionner sur la scène mondiale sans subir de pertes de ses propres forces armées. Lors du récent conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, les autorités arméniennes ont également déclaré que la Turquie avait déployé des mercenaires syriens pour renforcer les forces azerbaïdjanaises.
Depuis de nombreuses années, la Turquie tente de devenir le leader du monde musulman sunnite ou de l’Oummah comme on l’appelle en arabe, dans le but de remplacer l’Arabie saoudite, son principal rival. Pour y parvenir, le gouvernement turc s’implique de plus en plus dans les activités musulmanes et islamistes à travers le monde, et le renforcement des relations avec le Pakistan sur différents fronts fait également partie de cet agenda.

Constantin Pikramenos est co-auteur de l’ouvrage « MIT – Le service secret turc », paru chez VA Éditions. Il est spécialiste de la Turquie et expert en Intelligence économique. Diplômé de Sciences Po Athènes, il a co-écrit plusieurs ouvrages sur la Turquie et le Moyen-Orient et ses articles ont été publiés dans la presse grecque et turque.

Découvrez aussi le Podcast sur cet ouvrage !

Le 9 janvier 2013, au 147 de la rue Lafayette, à Paris, dans un appartement servant de siège pour le Centre d’Information du Kurdistan (CIK), trois hautes responsables du PKK en France, ont été retrouvées dans une mare de sang. Elles ont été exécutées.  
Les enquêteurs en sont rapidement convaincus ; il s’agit là d’un crime politique et ils se révèleront particulièrement suspicieux à l’encontre du MIT, les services secrets Turcs. 
Cette histoire m’a été inspirée par l’ouvrage de Constantin Pikramenos et Savvas Kalenteridis, « Le service secret turc, guerre sur tous les fronts » paru chez VA Editions. 





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