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La collection Alana, chefs d’œuvre de la peinture italienne





Le 23 Septembre 2019, par Christine de Langle

Paris, musée Jacquemart-André. Du 13 septembre 2019 au 20 janvier 2020


Nardo di Cione,  L’Annonciation, vers 1350-1355, Collection Alana, Newark, DE, États-Unis, Photo : © Allison Chipak
Nardo di Cione, L’Annonciation, vers 1350-1355, Collection Alana, Newark, DE, États-Unis, Photo : © Allison Chipak
Une collection privée

Pour la première exposition publique de leur collection conservée dans leur demeure américaine, ce couple chilien a choisi le musée Jacquemart André en raison de son affection pour ce lieu. Comme Nélie Jacquemart et Edouard André en leur temps, Alvaro Saieh et Ana Guzmán dont la contraction des prénoms forme le nom Alana partage un profond amour pour l’art. Plus de 75 chefs d’œuvre de la Renaissance italienne sont ainsi exposés non loin de la collection italienne du musée, rappel de cette commune passion à deux siècles de distance.

Une première salle à l’accrochage très dense et géométrique surprend le visiteur habitué à un plus grand dépouillement. C’est le rappel voulu par les collectionneurs de la scénographie de leur collection dont la profusion reflète leur goût passionné pour l’art italien. C’est ensuite une découverte chronologique des merveilles patiemment réunies autour des peintres de Florence, Sienne ou Venise du 13e au 16e siècle. De grands artistes tels Uccello, Fra Angelico, Véronèse ou Tintoret côtoient des anonymes dont  « l’apport humain et personnel » permet d’appréhender dans sa complexité la pensée d’une époque.
 
Comment devient-on collectionneur ?

C’est lors d’un voyage d’études à Washington, D.C. dans les années 70 qu’Alvaro Saieh a la révélation de l’art, passant de longues heures à la National Gallery of Art. Il  collectionne d’abord des œuvres contemporaines d’artistes chiliens. Puis, Picasso, Matisse et les avant-gardes du début du 20e siècle. Depuis vingt ans, l’homme d’affaires chilien a développé une véritable fascination pour l’art italien gothique et de la Renaissance, un choix qui peut surprendre face aux collections actuelles résolument tournées vers l’art contemporain. « Je voulais créer un ensemble qui soit représentatif de l’art italien de la Renaissance mais aussi du sens que celui-ci peut avoir dans la culture d’aujourd’hui ».

Ce banquier qui passe sa vie entre le Chili et New York constate la perte de la position centrale de l’Europe dans un monde polycentrique. Ce choix de la Renaissance réaffirme l’importance d’un des moments fondateurs de la modernité qui, par le déploiement d’une pensée esthétique et éthique, peut encore nous inspirer. Aidés par des professionnels de l’art, le couple n’hésite pas à affirmer ses choix et, toujours soucieux d’élargir ses connaissances, constitue une bibliothèque de plus de dix mille livres consacrés à sa passion et fait évoluer sa collection des premiers temps de la Renaissance jusqu’à l’époque baroque.
 
Marché de l’art et goût artistique

On lie souvent la pratique de la collection à une vision contemporaine de l’art et donc au marché de l’art. Le collectionneur a donc a cœur de faire de bons choix comme autant de bons investissements. Les cotes des artistes et les choix des collectionneurs sont liés par un marché de l’art qui fait monter les enchères aux bénéfices des uns et des autres.

En affirmant résolument sa singularité, la collection Alana  nous parle d’un dialogue mental intime et profond entre le collectionneur et ses œuvres. « Le fait de penser aux œuvres de ma collection m’a apporté du réconfort et du soulagement dans mes engagements professionnels quotidiens ». L’art et la vie ne font plus qu’un et c’est cette vision qui est proposée aux visiteurs du musée Jacquemart André.
 
 

Vue actuelle de la collection Alana, Newark, DE
Vue actuelle de la collection Alana, Newark, DE

 
 

Christine de Langle


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