Journal de l'économie

Envoyer à un ami
Version imprimable

Portrait d'Artiste : Entretien avec Mathilde Nardone





Le 8 Avril 2021, par Bertrand Coty

Née en 1994 à Bruxelles où elle vit et travaille, Mathilde Nardone opère dans ses oeuvres un double détournement : celui du genre de la nature morte, d'une part, et du médium photographique, d'autre part, puisque c'est à l'aide d'un scanner qu'elle élabore ses tableaux floraux d'une beauté délicate.


Mathilde Nardone - Antonio Nardone - Marrio Ferretti
Mathilde Nardone - Antonio Nardone - Marrio Ferretti
Quels sont vos ancrages ? Quelle est votre histoire ?
 
Petite fille et arrière-petite-fille d’immigrés italiens, mon travail est tourné vers l’histoire et le terrain industriel du XXe siècle en Belgique. Dans ce bassin minier, et plus précisément, sur ses terrils (collines artificielles nées de l’exploitation de charbon), je me promène et choisis les végétaux qui couvriront bientôt les vitres des scanners avec lesquels je réalise mes photographies. Mon travail consiste à parler de ce territoire, de cette histoire familiale, d’un voyage ou encore de la quête du bonheur à travers les végétaux nés sur ce sol. À en exalter les formes et les couleurs, afin de les présenter telles des métaphores de la mémoire.

Comment s’est révélé votre lien à l’art ? Une rencontre ?
 
J’ai grandi dans une maison où l’art est roi, la poésie et les soucis esthétiques ses reines. Enfant, vagabondant entre les murs des musées dans lesquels ma mère travaillait, je me rappelle des salles vides et sombres, en dehors des heures d’ouverture, où des merveilles ne brillaient que pour ma sœur et moi. Nous avons toujours suivi les projets ne nos parents, les expositions dans les musées et espaces insolites, les magasines d’art, les salons d’art contemporain, les ateliers d’artistes, etc.

Il y a toujours eu une porte ouverte menant à l’une ou l’autre forme d’art autour de moi.

 Quel est le rôle de l’artiste selon vous ?
 
L’artiste n’a, à mon sens, aucun rôle sinon le sien. On crée avant tout pour soi. C’est un moyen d’expression propre et personnel. La confrontation avec l’œil extérieur peut, ensuite, être une révélation. Comme, par exemple, le fait que notre propre système d’expression puisse entrer en communication avec quelqu’un, avec une autre sensibilité ou encore que notre travail puisse devenir source d’inspiration ou de questionnement.
 
L’artiste remplit cependant des rôles dont, le plus important à mes yeux, est celui de faire rêver.

Où puisez-vous votre inspiration ? Quelles ont été les principales étapes de votre création ? Peut-on parler de « périodes » dans votre travail ?
 
Je puise mon inspiration dans la vie quotidienne. Je relève ce que d’autres appelleront sans doute ‘des détails’. Pour moi, ce sont des émotions cachées dans des lumières, dans le coin d’une pièce, dans un objet, une scène de rue, etc. J’essaye d’être éclectique dans mes sources d’inspirations et surtout, de ne pas trop les définir ou y penser, car je tiens à les laisser me surprendre. J’espère donc ne jamais parvenir à répondre à cette question.
 
Pouvez-vous nous décrire votre atelier ?
 
C’est un très bel endroit. Lumineux et chaleureux. Nous sommes huit artistes à partager cet espace. Il y a beaucoup de vie et les univers de chacun y sont représentés. Chaque fois que je franchis la porte, c’est une découverte. De nouveaux travaux en cours, des odeurs de peintures, d’encres, un pinceau qui a bougé. C’est comme déchirer l’emballage d’un petit cadeau quotidien. Mon atelier, c’est la surprise que je m’offre. Mon espace de travail est noyé par les fleurs sèches dont les couleurs s’estompent un peu chaque jour. Je suis entourée de machines, scanners, lumières et ordinateurs qui font du bruit et dégagent de la chaleur. Je travaille face à la fenêtre. J’aime regarder dehors. Je suis souvent dans la lune et je peine à rester concentrée longtemps sur mes tâches quotidiennes. Mon atelier est un doux mélange entre un lieu propice à la réflexion, à l’échange et à l’évasion.

Quelles sont les dernières et principales expositions où vous avez présenté vos œuvres ?
 
- Exposition ‘Points de Contact’ à la Galerie Nardone, à La Louvière
 
C’est une histoire sans fin, comme les lignes du livre trop gros et les étoiles dans le ciel. 
Le spectateur suit la narration en passant d’un point à un autre, au fil de l’histoire, il s’invente. Les arrêts se font sur les points de contact. Là où l’équilibre est instable, là où s’accroche notre regard, prêt à basculer, à tendre vers d’autres routes. Le cheminement des deux artistes est intimement lié à la vie terrestre ou universelle.
Le ici-bas et la tête en l’air, la vie des étoiles. Entre les deux, les points de contact. Les liaisons invisibles qui proposent, qui supposent les liens entre les deux mondes.
 
Adresse :
Galerie Nardone
26, Rue Kéramis - 7100 La Louvière
Quand :
Exposition visible jusqu’au 24 avril 2021
 
- Installation à l'hôpital Molière, à Bruxelles
 
Je suis ravie de vous inviter à découvrir mon installation sur la façade de l'hôpital Molière à Bruxelles. Ce projet s'inscrit dans la dynamique inspirante du Jardin thérapeutique, situé à l'arrière de l'hôpital, et la volonté de HIS de convier des artistes à l'intérieur du monde hospitalier. Ce projet artistique, réalisé avec le soutien de l'association Autres Regards - Solimac, a été inauguré le 30 novembre 2020. Il est visible sur les murs de l'hôpital pour le plaisir des passants et curieux jusqu'au mois de juin 2021.
 
Adresse :
142, rue Marconi - 190, Bruxelles
Quand :
Jusqu'au mois de juin 2021
 
- Installation à la Galerie Luisa Catucci, à Berlin
 
​Suite à la fermeture des galeries d'art à Berlin, la galeriste Luisa Catucci propose des expositions visibles depuis la vitrine de son espace au cœur de la ville. Le projet démarre le lundi 1er mars 2021 et sera visible durant deux semaines.
 
Adresse :
Allestr. 38, 12049, Berlin
Quand :
Prolongé jusqu’au mois de mars 2021
 
- Exposition 'Cadavre Exquis ' à Venise
 
​"Le cadavre - exquis - boira - le vin - nouveau", ce sera donc un « cadavre exquis ».
 
Le mouvement surréaliste qui prônait les créations et les expressions en dehors de tout cadre contrôlé par la raison, rêvait d’explorer l’inconscient freudien, et en peinture, de faire surgir des images en paraphrasant le texte du Comte de Lautréamont comme : « Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie ». Les chants de Maldoror, 1869.
 
L’exposition présente un assemblage automatique issu des rêves et désin- téressé de la pensée en une accumulation d’œuvres dont la lecture se fera comme bon vous semble ! Et pourquoi pas, dans l’autre sens ?
 
La magnifique Chiesetta della Misericordia, sera l’écrin d’un parcours plastique, tout en plaisir, et offrira en son cœur, pour les amateurs, chaque jour un dîner nocturne !
Et Venise qui est la ville lagune des rencontres fortuites, des pages solitaires qui se distribuent sous les bleus du ciel ou les ocres des brumes de l’acqua alta.
 
Adresse :
Chiesetta della Misericordia
Campo de l’Abazia 3550 - Venezia
Cannaregio – Linea 1 « Ca’ d’Oro »
Quand :
Vernissage 24 juin 2021
Exposition visible jusqu’au 16 juillet 2021

Mathilde Nardone
site : www.mathildenardone.com
instagram : @mathildenardonephotographie
 


France | International | Entreprises | Management | Lifestyle | Blogs de la rédaction | Divers | Native Advertising | Juris | Art & Marché | Prospective | Industrie immobilière | Intelligence et sécurité économique - "Les carnets de Vauban"














Rss
Twitter
Facebook